juil 15

Identité et exclusion

Catégorie : divers et variéschristian olive @ 21:13

Apport 01

En ce qui concerne l’atelier Identité et exclusion, j’en fais l’approche suivante :

L’identité « individualiste»  se crée au travers de sa consommation. Elle enferme l’individu qui se construit en tant qu’œuvre n’interférant qu’avec elle-même. Les grands régulateurs sont le marché et l’État.

L’identité sociale a besoin des autres et s’appuie sur une circulation des biens, des services et des idées, construite à partir de l’idée du don propre aux réseaux, où n’interviennent pas le marché et l’État.

Dans la famille ou dans la société, le monde des réseaux fonctionne au don et à la dette, et non à l’équivalence (comme dans le marché) ou à l’égalité (comme dans l’État).

Quand les réseaux fonctionnent bien, cette dette est positive ; elle n’engendre ni angoisse ni aliénation, mais confiance et désir de loyauté.

C’est à travers la relation de dette positive, de don et de contre-don que se forment ou se déforment les identités.

Sans cette relation, il n’existe pas véritablement d’identité, et sans identité on ne peut être qu’exclu.

Christian OLIVE

Quelques mots :

RURBAIN : de l’étalement péri-urbain (ou du rurbain) qui « mite»  le territoire, induit de nombreux dysfonctionnements comme l’éparpillement de l’identité collective

Lire : Dynamique rurale (pdf 434Ko)

ADULESCENTS :

Certains(des adultes) peuvent être appelés des ‘adulescents’ car au lieu de se donner comme figure du terme de la croissance, c’est eux qui cherchent à imiter les jeunes» 

Il n’est point besoin de longs développements pour donner raison à cette évocation. Chacun de nous peut trouver plus d’un exemple dans son entourage, ou dans sa propre histoire de manifestations d’adultes qui illustrent à propos cette définition. On peut certes analyser ce phénomène comme la traduction d’une peur de vieillir, ou d’être dépassés et mis sur la touche. Ce qui nous intéresse ici ce sont les conséquences d’une telle situation pour les 15-19 ans, aujourd’hui. Comment peuvent-ils s’y retrouver si, rencontrant des plus âgés, ils ne rencontrent en définitive qu’une autre image d’eux-mêmes

Apport 02

L’exclusion : hors de, en marge de, ex-claudere…ce qui tend vers : en limite de…

Les personnes exclues n’ont plus aucun lien, elles sont isolées sur « la toile ». La notion de tissage disparaît : « déliaison» , désaffiliation, déqualification, disqualification sociale…

En ce sens, c’est une « notion molle », pour reprendre R.CASTEL : elle ne peut rebondir, échanger, alimenter. Elle n’appartient à aucun réseau.

Il apparaît alors une perte d’identité sociale, car l’individu ne s’appuie plus sur rien.

Le monde est complexe, l’individu est complexe, au sens où il s’inscrit dans un ensemble de schémas systémiques. De fait, en étant en marge, disqualifié, il perd toute complexité.

Dépasser le simple système d’assistance n’offre qu’un unique non-retour, qu’une dette.

L’assistant engendre de nouvelles stratifications (sociales et sociétales) : superpositions de dispositifs (souvent d’urgence) ; qui dit superposition dit hiérarchie des catégories (crées antérieurement), d’où un effet pervers de maintien, de statu quo. (L’incohérence s’installe. Il serait intéressant de repenser tout le système, dans son ensemble : le rendre universel. )

Les personnes sont enfermées, figées de façon durable dans des dispositifs conçus pour elles.

Les personnes se construisent en tant qu’œuvre, n’interfèrent qu’avec elle-même et, en effet, les grands régulateurs sont le marché et l’État.

Pour ces personnes exclues, il n’existe pas de relation de dette positive, de don et de contre-don, d’où une perte d’identité.

J’écris cela assez vite, j’espère que ce n’est pas trop confus.

Je trouvais que ce thème était bien présent dans les Hauts-Cantons ; exclusion de tout ordre : emploi, habitat, nationalité, culture, origine « de », social, santé, idées,…

À l’heure où le gouvernement actuel et son Premier ministre installent, depuis le 16.09, le Conseil national de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, CNLE, il est annoncé, pour 2006, la création d’un Fonds départemental d’innovation et d’expérimentation sociale doté de 20 millions d’euros, géré par les préfets et les DASS

Il est préconisé la création de la maison de la cohésion sociale, regroupant le CNLE, le Conseil national pour l’insertion par l’activité économique et le Haut comité pour le logement des personnes défavorisées.

Je trouvais ce thème actuel et intéressant pour le Forum social des Hauts-Cantons.

À bientôt. Laurence.F.

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